On ne fait pas de bonne politique avec de bonnes intentions. Une fois de plus, l’adage se vérifie dans la publication, par l’Afssaps, de la liste des 77 médicaments « à risques ». Des voix autorisées s’élèvent contre cette démarche pour le moins brutale qui a pour principal défaut de placer les prescripteurs -les médecins- dans une position inconfortable : que peuvent-ils en effet répondre aux patients à qui ils ont prescrit pendant plusieurs années des spécialités aujourd’hui considérées comme « à risques » ?
Le président des Entreprises du médicament, Christian Lajoux, a présenté lundi matin les vœux de l’institution : en pleine « affaire Mediator », le Leem s’efforce de garder son cap tout en reconnaissant qu’il est désormais engagé dans une véritable « Opération restauration ».
Tout le monde en prend pour son grade. Comme on pouvait le deviner, le rapport de l’Igas (Inspection générale des affaires sociales) sur l’ « affaire Mediator » n’épargne ni les acteurs, ni les autorités sanitaires, ni bien sûr le laboratoire Servier dont le président Jacques Servier est d’ailleurs cité à comparaître devant le tribunal correctionnel de Nanterre le 11 février prochain.
Dans une interview au Monde, Jacques Servier, PDG du laboratoire éponyme, fabricant du Mediator, auquel on impute la mort d’au moins 500 personnes, estime que l’affaire vise avant tout à « gêner le gouvernement ». Une ligne de défense éprouvée dans une affaire qui relève du cas d’école.
Plus on s’approche de l’échéance du remaniement, annoncé pour le 15 novembre, plus les appétits s’aiguisent… Le bal des prétendants n’est pas terminé, même si selon certaines sources, l’affaire semble bouclée. Côté ministère de la Santé, c’est aujourd’hui le député UMP des Alpes-Maritimes, Jean Léonetti, cardiologue hospitalier, qui semble tenir la corde. Les autres candidats ou supposés tels ont-ils encore quelques chances ? Inventaire.
Aussi étrange que cela puisse paraître, le maroquin de Roselyne Bachelot, ministre sortante de la Santé, suscite encore des convoitises. Et pourtant, la tâche n’est pas facile et pour tout dire, mortifère. La liste des ministres de la Santé tombés au champ d’honneur est longue. A la faveur du prochain remaniement -quel feuilleton !-, qui peut remplacer Roselyne Bachelot ? Tour d’horizon.
Un tiers seulement des médecins libéraux et des praticiens hospitaliers voteraient pour l’UMP et ses alliés au premier tour des élections régionales du 14 mars, selon un sondage réalisé par l’IFOP pour le Quotidien du médecin. Pire encore : 73 % des médecins sanctionnent la politique de Nicolas Sarkozy en matière de santé et de protection sociale et 76 % d’entre eux (notamment 82 % des médecins de ville) ne font plus confiance à la ministre de la santé.






