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Interview – Christian Lajoux: « on peut critiquer les industriels du médicament, à condition que ces critiques soient légitimes »

Publié le jeudi 11 mars 2010

Une bataille sans fin, une course contre la montre face à la mutation ou à l’émergence des maladies : c’est celle que les industriels du médicament livrent auprès des soignants, des chercheurs, des patients et évidemment des politiques. Christian Lajoux, président du Leem (les Entreprises du médicament), publie Le médicament, enjeu du XXIème siècle (1) , un livre plaidoyer pour le grand public, destiné, selon ses mots, à tordre le cou aux idées reçues sur le médicament.

 MyPharma : Christian Lajoux, vous écrivez que « le médicament a bon dos » et que l’ « industrie pharmaceutique voudrait être aimée », mais vous affirmez qu’il faudrait tout d’abord qu’on la respecte. Pourquoi, selon vous, n’est-elle pas respectée -et par qui ?-, et que voulez-vous dire quand vous évoquez le « bon dos » du médicament?

Christian Lajoux: « Je ne dis pas « circulez, il n’y a rien à voir ». Oui, on peut nous critiquer, mais à condition que ces critiques soient légitimes. Par exemple, je reconnais que nous aurions pu être plus pédagogues pour obtenir de l’opinion que le rôle des industriels du médicament soit mieux identifié et mieux reconnu dans le progrès thérapeutique. Du point de vue économique, les industriels ont longtemps été accusés sinon de créer, du moins de creuser le déficit de la Sécurité sociale: aujourd’hui, notre rôle est mieux reconnu car en termes d’efficience, le médicament reste l’investissement le moins cher puisqu’il permet d’éviter nombre d’hospitalisations ou d’arrêts de travail ».

MyPharma : Mais votre image reste néanmoins controversée…

Ch. L. : « Nous sommes, nous les industriels du médicament, régulièrement victimes de propos injustes et d’ailleurs calomnieux de la part d’une petite minorité de personnes que je qualifierai de « professionnels du dénigrement ». Ces mêmes personnes ont accès aux plateaux de télévision, ce qui n’est pas notre cas. Je peux même dire que nous sommes blacklistés. Ce qui est d’ailleurs un paradoxe car le caractère stratégique de notre activité est aujourd’hui reconnu, au même titre que les industries de l’énergie ou de l’aéronautique. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour laquelle j’ai écrit ce livre: il est destiné au grand public au sens où il peut apparaître comme un mode d’emploi à destination du citoyen ».

 MyPharma : Vous abordez le thème -délicat- de la confiance et des médicaments. Peut-on en effet leur faire confiance et -question pour le moins sensible après le difficile épisode de la grippe A/H1N1- faut-il encore se faire vacciner?

Ch. L. : « Le grand perdant dans l’histoire de la grippe A, c’est la vaccination. Il est facile de raconter l’histoire après la bataille. Je voudrais d’ailleurs faire observer que tous les lobbys anti-vaccins ont eu la parole, ce qui n’a pas contribué à la sérénité du débat et encore moins à l’efficacité de la campagne. Sur le fait de savoir s’il faut se faire vacciner, je dirais « oui » et sans hésiter. Pourquoi? Parce que rien ne prouve que les crises sanitaires sont derrière nous, surtout si la vaccination reste la grande perdante ».

MyPharma : Vous expliquez que, progressivement mais inéluctablement, la pharmacie chimique cèdera la pas devant les biotechnologies. Cette révolution scientifique et thérapeutique est mal connue du grand public. Quelles promesses recèle-t-elle selon vous, notamment dans le domaine du progrès thérapeutique?

Ch.L. : « Nous vivons et réalisons actuellement d’énormes progrès, notamment dans la mise en place d’une médecine beaucoup plus individualisée. C’est la fin de la médecine de masse et des « blockbusters »: nous entrons dans l’ère du « sur-mesure », notamment en ce qui concerne le cancer. Pour ce qui est des biotechnologies, je voudrais souligner que l’avenir du médicament n’est pas dans le « tout-biotech »: dès à présent, les biotechnologies trouvent des applications dans les médicaments chimiques. Il n’y a donc pas de frontière entre les biotechs et les médicaments chimiques, mais plutôt un métissage ».

MyPharma : En matière d’environnement et de biodiversité, les efforts des industriels de la pharmacie restent timides ou peu visibles. Pourquoi?

Ch.L. : « Timides, non. Depuis longtemps, les industriels du médicament ont « fait de l’environnement » sans le savoir. J’en veux pour preuve les contrôles extrêmements stricts de qualité, les inspections de sites et, pour tout dire, des pratiques environnementales d’un excellent niveau. Mais il nous reste à faire des progrès, par exemple, dans le domaine des transports car nous sommes de gros utilisateurs. La sensibilisation de nos personnels sur le problème des résidus de molécules pharmaceutiques dans l’eau, certes dans de très faibles concentrations, est aussi l’une de nos priorités. Il est vrai que nos mesures ne sont pas encore très spectaculaires, mais on avance » !

 Hervé Karleskind

(1) Le Cherche-Midi éditeur, 17 euros








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