Edition du 26-01-2021

Accueil » Médecine » Recherche

Maladies rénales chroniques : un nouveau médiateur pour prédire la progression

Publié le mardi 2 novembre 2010

Ce mois-ci dans The Journal of Clinical Investigation, des chercheurs de l’Inserm et de l’Université Paris Descartes révèlent la découverte d’un nouveau médiateur de la progression des maladies rénales chroniques. Il s’agit d’une protéine de transport sécrétée par le rein qui accélère la dégradation rénale. La mesure de son excrétion dans les urines est susceptible de prédire l’évolution de la maladie chez l’Homme, un enjeu majeur pour les personnes atteintes de ces maladies silencieuses dont le diagnostic est souvent tardif.

Les maladies rénales chroniques (MRC) se caractérisent par l’atteinte progressive de la fonction du rein. Les reins ont plusieurs fonctions essentielles à l’équilibre de l’organisme : l’élimination des déchets toxiques dans les urines, le contrôle de l’équilibre hydrique et minéral, la sécrétion d’hormones, d’enzymes et de vitamines. Ces fonctions sont assurées par les unités fonctionnelles du rein, les néphrons. En entraînant progressivement la réduction du nombre de néphrons fonctionnels, les MRC aboutissent à une insuffisance rénale terminale, pour laquelle il n’existe à ce jour aucune thérapie efficace en dehors de la dialyse et de la transplantation rénale.

Fabiola Terzi et ses collaborateurs de l’unité mixte de recherche « Centre de Recherche Croissance et Signalisation » (Inserm 845, Université Paris Descartes) se sont penchés sur l’étude des mécanismes moléculaires peu connus de la progression des MRC. En utilisant deux souches de souris réagissant différemment à la réduction du nombre de néphrons, ils ont montré que le gène codant la Lipocaline 2 (Lcn2) joue un rôle essentiel dans la progression de la maladie. En effet, la protéine Lcn2 s’exprime plus fortement dans la souche développant des lésions rénales sévères et son expression est liée à l’intensité des lésions. Plus importante encore, l’équipe a montré que l’inactivation du gène Lcn2 prévient la progression des lésions rénales lors d’une réduction du nombre de néphrons.

L’équipe de Fabiola Terzi a élucidé la voie moléculaire par laquelle la Lcn2 conduit à la destruction du rein. Lcn2 est un acteur-clé de la voie de signalisation activée par le récepteur d’un facteur de croissance, l’EGFR, connu pour favoriser la progression des MRC. L’activation de ce récepteur induit la production de la protéine Lcn2 qui, à son tour, agit comme médiateur en favorisant la prolifération cellulaire qui précède le développement de lésions rénales et la formation de kystes.

Chez l’homme, les chercheurs ont montré que cette protéine est aussi produite en quantité anormalement élevée dans le rein des malades atteints de MRC et que sa présence dans les urines est étroitement associée à la progression rapide vers l’insuffisance rénale terminale. Pour Fabiola Terzi et ses collaborateurs, il s’agit « d’une découverte très importante pour les patients atteints de MRC car l’excrétion urinaire de ce médiateur est capable de prédire l’évolution de la maladie. »

Cette avancée est d’autant plus essentielle pour les malades, que la plupart des patients atteints de MRC ignorent leur maladie : elle ne provoque généralement aucun symptôme perceptible avant un stade avancé et à ce jour, il n’existe pas de véritables traitements contre la progression des MRC. Les auteurs envisagent à terme de valider ces premières données par un essai clinique qui pourrait aboutir à la mise en œuvre de cet outil pour la détection et le suivi des maladies rénales chroniques.

Source  : Inserm
« Lipocalin 2 is essential for chronic kidney disease progression in mice and humans »
Amandine Viau(1), Khalil El Karoui(1), Denise Laouari(1), Martine Burtin(1), Clément Nguyen(1), Kiyoshi Mori(2), Evangéline Pillebout(1), Thorsten Berger(3), Tak Wah Mak(3), Bertrand Knebelmann(1), Gérard Friedlander(1), Jonathan Barasch(2) and Fabiola Terzi(1)
(1) Inserm U845, Centre de Recherche « Croissance et Signalisation », Université Paris Descartes, Hôpital Necker Enfants Malades, Paris, France.
(2) Department of Medicine, Columbia University, New York, New York, USA
(3) The Campbell Family Institute for Cancer Research, University Health Network, Toronto, Ontario, Canada.
Paru dans le numéro d’octobre 2010 de The Journal of Clinical Investigation

http://www.jci.org/articles/view/42004








MyPharma Editions

COVID-19 : GeNeuro reçoit un financement pour accélérer la recherche sur le rôle des protéines HERV

Publié le 26 janvier 2021
COVID-19 : GeNeuro reçoit un financement pour accélérer la recherche sur le rôle des protéines HERV

GeNeuro, une société biopharmaceutique qui développe de nouveaux traitements contre les maladies neurodégénératives et maladies auto-immunes, telles que la sclérose en plaques (SEP), vient d’annoncer l’obtention d’un financement de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) pour son projet COVERI, qui vise à comprendre le rôle des protéines du rétrovirus endogène humain (HERV) dans la réponse immunitaire anormale ou les dommages neurologiques subis par d’importants sous-ensembles de patients atteints de COVID-19.

Nanobiotix : sa filiale Curadigm signe un accord de collaboration avec Sanofi axé sur le portefeuille de thérapies géniques

Publié le 26 janvier 2021
Nanobiotix : sa filiale Curadigm signe un accord de collaboration avec Sanofi axé sur le portefeuille de thérapies géniques

Nanobiotix, société française pionnière en nanomédecine développant de nouvelles approches thérapeutiques pour le traitement du cancer, a annoncé un nouvel accord de collaboration conclu par Curadigm, sa filiale détenue à 100%, avec Sanofi. Curadigm a été sélectionnée dans le cadre du Sanofi iTech Award Program : son projet de recherche intégrant la technologie Nanoprimer est considéré comme une option très prometteuse pour améliorer le portefeuille de thérapies géniques en développement.

NovAliX et Chemical.AI vont développer des outils d’intelligence artificielle pour la découverte de nouveaux médicaments

Publié le 25 janvier 2021
NovAliX et Chemical.AI vont développer des outils d'intelligence artificielle pour la découverte de nouveaux médicaments

NovAliX, société de recherche sous contrat (CRO) spécialisée dans la recherche et le développement de médicaments, et Chemical.AI, une société d’intelligence artificielle (IA) associant expertise humaine et technologie de pointe en IA pour les industries chimique et pharmaceutique, ont annoncé un partenariat stratégique dans le domaine de l’intelligence artificielle appliquée à la découverte de nouveaux médicaments.

Dix sociétés biopharmaceutiques de premier plan annoncent la création d’Accumulus Synergy, une plateforme mondiale de partage de données

Publié le 25 janvier 2021

Dix des plus grandes sociétés biopharmaceutiques au monde (Amgen, Astellas, Bristol Myers Squibb, GSK, Janssen, Lilly, Pfizer, Roche, Sanofi et Takeda) ont annoncé la création d’une nouvelle société à but non lucratif, Accumulus Synergy, Inc., qui vise à soutenir les interactions entre les autorités des différents secteurs de l’économie et de la santé dans le monde entier afin de permettre une collaboration ainsi que la transmission et l’échange en temps réel des données.

OSE Immunotherapeutics obtient un financement de 1,3 million d’euros de Bpifrance pour le développement d’OSE-127/S95011

Publié le 25 janvier 2021
OSE Immunotherapeutics obtient un financement de 1,3 million d’euros de Bpifrance pour le développement d’OSE-127/S95011

OSE Immunotherapeutics a annoncé avoir reçu un paiement d’étape de 1,3 million d’euros dans le cadre de l’aide aux projets d’innovation stratégique industrielle (ISI) de Bpifrance pour le projet collaboratif EFFIMab, dédié à l’évaluation d’OSE 127/S95011, antagoniste du récepteur à l’interleukine-7 (IL-7R), développé en partenariat avec Servier (1).

AB Science : une nouvelle publication indépendante confirme que le masitinib a une activité anti-virale contre le virus SARS-CoV-2 in vitro

Publié le 25 janvier 2021
AB Science : une nouvelle publication indépendante confirme que le masitinib a une activité anti-virale contre le virus SARS-CoV-2 in vitro

AB Science a annoncé la publication des résultats d’une étude préclinique avec le masitinib dans le COVID-19. Les recherches menées par les scientifiques de l’Institut de Virologie Humaine (Guangzhou, Chine) ont été publiées dans la revue à comité de lecture mBIO (une revue de la Société Américaine de Microbiologie).

Vaccins COVID-19 : la Haute Autorité de Santé préconise d’élargir à 6 semaines le délai entre 2 doses

Publié le 23 janvier 2021
Vaccins COVID-19 : la Haute Autorité de Santé préconise d’élargir à 6 semaines le délai entre 2 doses

La Haute autorité de Santé (HAS) a préconisé samedi dans un communiqué d’élargir à 6 semaines le délai entre 2 doses de vaccin à ARN messager (vaccins de Pfizer et de Moderna). Objectif de la mesure : “protéger plus vite un plus grand nombre de personnes à risque d’hospitalisation ou de décès”.

Newsletter

Chaque lundi, notre newsletter gratuite

ABONNEZ-VOUS À LA NEWSLETTER




MyPharma Editions
Recherche d'offres d'emploi
Fermer

Fermer

Les dernières offres d'emploi

Déposer votre cv Inscrivez-vous aux alertes emploi


Nominations

Documents