Edition du 24-02-2018

H1N1 : comment les Entreprises du Médicament s’organisent

Publié le mercredi 7 octobre 2009

H1N1 : comment les Entreprises du Médicament s’organisentFace à la pandémie grippale, les Entreprises du Médicament (Leem) ont diffusé un certain nombre d’informations destinées au grand public. Objectif : informer la population sur le maintien à un niveau normal de l’approvisionnement des médicaments utilisés pour soigner les maladies aiguës ou chroniques mais aussi les acteurs de santé impliqués dans la gestion de la pandémie. 

Les Entreprises du Médicament souhaitent également informer les acteurs de santé, notamment ceux particulièrement impliqués dans la prévention et la lutte contre la grippe, ainsi que les salariés des entreprises de l’industrie pharmaceutique. Dans la prévention et la lutte contre cette alerte pandémique, les entreprises font face à plusieurs priorités :

La production des vaccins et des antiviraux : pour faire face aux nombreuses commandes des états et des organisations de santé, les entreprises ont anticipé la pandémie depuis plusieurs années en adaptant leurs outils et en augmentant de façon continue leur capacité de production.

L’approvisionnement en médicament pour les autres maladies : pour les Entreprises du Médicament, il est aussi impératif d’assurer la continuité des traitements des autres maladies. Des mesures pour sécuriser l’approvisionnement en médicaments nécessaires pour traiter les pathologies graves, aiguës ou chroniques et les complications de la grippe sont prévues. La fabrication des médicaments est mondiale et fait souvent appel à des ressources (matières premières, fabricants et sous-traitants…) situées hors de  France. Elle n’est donc possible aujourd’hui que si les frontières restent ouvertes et permettent tous les échanges internationaux intervenant dans la chaîne de fabrication et de distribution du médicament.

Sous forme d’un quizz, les Entreprises du Médicament répondent aux questions que se posent public et entreprises notamment sur l’approvisionnement et les livraisons de vaccins :

1- Quel est le niveau de préparation des entreprises du médicament et où en êtes-vous de vos plannings de livraison ?
Notre niveau de préparation est actuellement normal. Les plannings de livraison varient d’une entreprise à l’autre et selon les produits. Enjeux et urgences diffèrent selon la nature des produits.

2- Comment vont être organisées les livraisons de vaccins ? L’industrie pharmaceutique et les distributeurs vont-ils prendre des mesures particulières pour les accélérer ?
Cette question relève des contrats entre les producteurs et l’Etat qui a acheté les vaccins. La mise à disposition des vaccins dans les centres de distribution sera assurée par les moyens de l’Etat. Les producteurs de vaccins ont tout mis en oeuvre pour produire des vaccins dans un délai d’environ 6 mois depuis l’identification du virus et la mise à disposition de la souche par l’OMS.

3- L’industrie pharmaceutique aura-t-elle des capacités suffisantes pour produire le vaccin contre la grippe saisonnière et celui contre la grippe A (H1N1) ? Ne sera-t-elle pas tentée d’arbitrer entre les deux types de production ?
Depuis plusieurs années, les entreprises produisant des vaccins contre la grippe ont augmenté leurs capacités de production afin d’être prêtes à produire un vaccin contre un virus pandémique. Le vaccin contre la grippe saisonnière et celui contre la grippe A(H1N1) sont produits sur les mêmes sites de fabrication.
Pour la campagne de vaccination 2009-2010, le vaccin contre la grippe saisonnière a été produit avant que ne soit mis en production celui contre le virus H1N1, dont la souche n’a été identifiée qu’en juin 2009. Les vaccins contre la grippe saisonnière sont disponibles depuis le 25 septembre. Les vaccins contre le virus H1N1 seront quant à eux disponibles dès qu’ils auront obtenu de la Commission Européenne leurs autorisations de mise sur le marché, normalement attendues pour la fin du mois d’octobre.

4- Existe-t-il des contre-indications pour ces vaccins ?
Comme pour tous les médicaments, il existe des contre-indications et des précautions d’emploi. Elles seront précisées dans le RCP (Résumé des Caractéristiques du Produit) et la notice de chaque vaccin.

5- Sous quelles formes (injection, forme buvable…), ce vaccin sera-t-il administré ?
Sous forme d’une injection.

6- Ce vaccin risque-t-il d’être incompatible avec d’autres médicaments ?
Comme pour tous les médicaments, il existe des incompatibilités avec certains autres médicaments, variables selon le vaccin et sa composition. Elles sont évaluées et identifiées aux cours des essais cliniques. Ces informations figurent dans les RCP et la notice de chaque produit.

7- A partir de quel délai après la première dose le vaccin sera-t-il efficace ? Pour combien de temps ?
Pour répondre précisément à cette question, il faut attendre les derniers résultats des essais cliniques et le schéma vaccinal retenu dans l’AMM européenne.

8- Les médias ont parlé de deux types de vaccins : à deux doses et à une seule dose. Quelle est la différence ?
Plusieurs types de vaccins vont être disponibles. A ce jour, un sujet vacciné doit recevoir deux doses espacées de 21 jours du même vaccin. Ce délai, qu’il convient de ne pas raccourcir, est recommandé pour permettre une réponse immunitaire dès la 1ère semaine et son amplification pour atteindre un maximum au cours des 2ème et 3ème semaines. Prolonger ce délai jusqu’à 6 mois ne réduit pas l’efficacité de la vaccination mais retarde la protection. Toutefois, on attend les résultats des essais cliniques sur une seule injection. Ils pourraient faire reconsidérer ce schéma vaccinal si la première dose permettait une immunité suffisante. Une quantité limitée de vaccins monodose sera disponible. Ils seront réservés plus particulièrement aux personnes à risque qui ne peuvent pas bénéficier des dispositifs collectifs de vaccination.

9- Les médias ont parlé de deux types de vaccins : fabriqués à partir de cellules ou d’oeufs. Quelle est la différence ?
Il existe deux méthodes pour produire des vaccins. La plus répandue consiste à injecter le virus pour qu’il s’y multiplie dans des milliers d’oeufs de poule fécondés mis à incuber pendant deux à trois jours. Le blanc d’oeuf, qui contient des millions de virus vaccinaux, est récolté et séparé du virus. Partiellement pur, ce virus est tué par application de produits chimiques. Les protéines externes sont purifiées et l’on obtient plusieurs centaines ou milliers de litres de protéines virales purifiées, les antigènes ou principe actif du vaccin. Il faut environ deux semaines pour produire chaque lot d’antigènes. La taille des lots dépend de la quantité d’oeufs utilisés. Une autre technique consiste à remplacer les oeufs par des cultures in vitro de cellules animales. Elle permet de limiter le temps de culture mais nécessite une grande quantité de cellules animales.

10- Quel est le rôle d’un adjuvant dans un vaccin ? Peut-il présenter un danger pour la santé ?
Les adjuvants sont des innovations majeures. Ils permettent de réduire sensiblement les quantités d’antigènes nécessaires et donc de produire plus de doses de vaccins. Susceptibles de favoriser une efficacité immunitaire plus large, ils peuvent s’avérer utiles en cas de mutation du virus. Plusieurs laboratoires pharmaceutiques ont développé des vaccins contenant un adjuvant. Ces adjuvants ont déjà été utilisés sans effets secondaires graves signalés. L’un des vaccins saisonniers réservés aux personnes âgées de plus de 65 ans en contient, et plus de 27 millions de personnes ont été vaccinées dans le monde. Un adjuvant du même type est aussi contenu dans un vaccin contre le papillomavirus utilisé en Grande-Bretagne. Par ailleurs, un essai clinique sur 130 enfants de 6 à 35 mois concernant un vaccin saisonnier contenant un adjuvant a confirmé que le vaccin adjuvé procurait une meilleure réponse immunitaire que le non adjuvé. Toutefois, l’expérience reste limitée et il n’existe pas de données suffisantes concernant leur utilisation chez des sujets dont le système immunitaire est immature (jeunes enfants) ou modifié (femmes enceintes, immunodéprimés).

11- Pourquoi les entreprises du médicament ne fabriquent-elles pas un vaccin « mixte » permettant de stimuler l’immunité à la fois contre la grippe saisonnière et contre la grippe A (H1N1) ?
Les virus étant de deux souches différentes, les vaccins ne sont pas les mêmes. Il n’y a, en principe, aucune contre-indication à recevoir les deux vaccins mais les premières données font penser que les deux vaccins ne pourront pas être administrés en même temps.

12- Comment les éventuels effets indésirables des vaccins seront-ils surveillés ?
Comme tout médicament, un vaccin peut engendrer des effets indésirables, la plupart du temps bénins et transitoires ou, beaucoup plus rarement, graves. Compte tenu du grand nombre de vaccins utilisés sur une courte période, les Entreprises du Médicament, l’AFSSAPS (en charge de la surveillance desmédicaments ou pharmacovigilance) et les professionnels de santé ont mis au point un dispositif renforcé de surveillance. Les patients et les professionnels de santé pourront déclarer les effets indésirables en utilisant un formulaire sur le site de l’AFSSAPS (www.afssaps.fr). La surveillance s’appuiera aussi sur des études de larges groupes de personnes vaccinées qui seront suivies pendant 6 mois après leur vaccination. Certains groupes suivis seront constitués de personnes le plus àrisque vis-à-vis du virus A (H1N1), femmes enceintes et jeunes enfants, notamment.

13– Quel est le prix public d’une dose de vaccin ?
La vaccination aura lieu sur convocation, par réception d’un bon de la CNAM et sera totalement prise en charge par l’Etat. Il n’y a donc pas de prix public pour ces vaccins.

Hervé Karleskind – HKConseils.com
Source : Leem (Les Entreprises du Médicament)








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