Edition du 04-03-2021

Accueil » Cancer » Médecine » Recherche

Mélanome: vers de nouvelles stratégies thérapeutiques

Publié le mardi 7 juin 2011

Comment réagit un mélanome malin à la chimiothérapie ? Une équipe de l’Inserm apporte aujourd’hui de nouveaux éléments de compréhension, ouvrant la voie à la mise au point de traitements plus efficaces pour guérir et éviter les récidives. Les travaux de l’équipe de Corine Bertolotto (Centre méditerranéen de médecine moléculaire de Nice) sont publiés ce jour sur le site de la revue Genes & Development.
Les cancers de la peau sont les plus fréquents des cancers. Ils se guérissent très bien, sauf lorsqu’il s’agit d’un mélanome malin. Ce cancer rare, mais grave est lié à l’exposition aux rayons UV (soleil). Il est en constante augmentation. S’il peut survenir à tout âge, les cas chez les enfants restent exceptionnels, et le mélanome touche plus fréquemment les personnes entre 40 et 50 ans. En 2010, plus de 8 255 nouveaux cas de mélanome ont été diagnostiqués en France dont 53% chez les femmes et 47% chez les hommes. Dans cette maladie, qui fait plus de 1500 morts par an (1), le dépistage précoce augmente les chances de guérison, car sur une tumeur bien installée, les médicaments chimiothérapeutiques n’amènent généralement qu’une guérison incomplète, souvent suivie de rechutes fatales.

Sénescence contre apoptose
Sous l’effet des médicaments chimiothérapeutiques, ou d’autres facteurs, comme le stress oxydatif, certaines cellules du mélanome ne « meurent pas » mais peuvent entrer en sénescence. La sénescence est un programme présent dans toutes les cellules normales qui empêche la multiplication des cellules génétiquement « instables », potentiellement précurseurs de tumeurs. Ce programme reste latent dans certaines cellules cancéreuses comme les cellules de mélanome. Il peut être réactivé en certaines circonstances. D’où le potentiel intérêt thérapeutique de « pousser » les cellules vers la voie de la sénescence qui pourrait constituer une stratégie thérapeutique a priori intéressante. Or, les données publiées ce jour par l’équipe de l’Inserm permettent de mieux comprendre comment l’induction de la sénescence pourrait, en fait, être impliquée dans l’échec thérapeutique du mélanome.

Le sécrétome du mélanome
Les cellules en sénescence bien que ne proliférant plus, restent métaboliquement actives et sont capables de produire un ensemble de facteurs pro-inflammatoires, appelé sécrétome, qui modifie le microenvironnement de la tumeur. Les chercheurs en donnent confirmation, ayant pu établir que les cellules sénescentes du mélanome, exposées aux médicaments de chimiothérapie les plus couramment utilisés dans le mélanome (temozolomide et fotemustine), deviennent sénescentes et produisent un sécrétome aux propriétés pro-invasives et pro-tumorigènes. Les cellules tumorales deviennent non seulement de plus en plus difficiles à éliminer, mais elles deviennent plus mobiles, favorisant ainsi le développement de métastases à distance. « Nos données révèlent une partie des mécanismes contribuant à l’échec des chimiothérapies anti-mélanome et à l’émergence des rechutes. » résume Corine Bertolotto, Directrice de recherche Inserm, qui a dirigé cette étude.

Une nouvelle stratégie thérapeutique
Dès lors, la question dont se saisissent Corine Bertolotto et ses collaborateurs est : Comment se forme ce sécrétome ? Quelle est sa composition précise ? Une partie des événements moléculaires impliqués ont été déterminés par l’équipe niçoise et le sécrétome des cellules de mélanome entrées en sénescence a été caractérisé. En particulier, un acteur essentiel du sécrétome semble être un messager cellulaire appelé CCL2 (chemokine-ligand-2) : son activité est responsable de l’augmentation de la capacité d’invasion des cellules non-sénescentes du mélanome et favorise le développement du mélanome in vivo.
Reste maintenant aux chercheurs à déterminer avec précision la composition exacte et le fonctionnement de tous les acteurs du sécrétome pour identifier des cibles d’interventions thérapeutiques pertinentes.

Note
(1) Données issues de la projection de l’incidence et de la mortalité par cancer en France en 2010, rapport InVS-INCa-Francim-HCL, avril 2010

Source : Inserm

Ohanna M, Giuliano S, Bonet C, Imbert V, Hofman V, Zangari J, Bille K, Robert C, Bressac-de Paillerets B, Hofman P, Rocchi S, Peyron J.F, Lacour JP, Ballotti R and Bertolotto C.
« Senescent cells develop a PARP-1 and Nuclear Factor-kappaB-associated secretome (PNAS) »
Genes & Development, 2011,Published in Advance June 6, 2011, doi:10.1101/gad.625811








MyPharma Editions

MEDSIR : l’Institut Gustave Roussy et l’Institut Curie participent à un essai clinique afin de traiter le cancer du thymus avancé

Publié le 3 mars 2021
MEDSIR : l’Institut Gustave Roussy et l’Institut Curie participent à un essai clinique afin de traiter le cancer du thymus avancé

Entreprise mondiale consacrée à la recherche indépendante en cancérologie, MEDSIR a lancé l’essai clinique phase II PECATI, qui vise à explorer une nouvelle option de traitement pour les patients atteints de tumeurs thymiques avancées, un cancer peu fréquent. L’étude évaluera l’efficacité et la sécurité de l’association de pembrolizumab et de lenvatinib chez des patients atteints de carcinome thymique ou de thymome B3 métastatique.

CVasThera lève 1,3 million d’euros lors d’un premier tour de table

Publié le 3 mars 2021
CVasThera lève 1,3 million d’euros lors d’un premier tour de table

CVasThera, société biopharmaceutique spécialisée dans la R&D de médicaments innovants pour les pathologies cardiovasculaires et intestinales, vient d’annoncer une levée de fonds de 1,3 million d’euros lors d’un tour de table d’amorçage. Cette levée vient tripler l’apport en fonds propres et le capital de la société, sécurisant ainsi le financement nécessaire à la réalisation des études précliniques pour le composé CVT120165, un candidat médicament dans le traitement de la maladie de Crohn.

VIH : les chercheurs d’Abbott font une découverte qui pourrait faire avancer la découverte de futurs traitements

Publié le 3 mars 2021
VIH : les chercheurs d'Abbott font une découverte qui pourrait faire avancer la découverte de futurs traitements

Abbott a annoncé le 2 mars qu’une équipe de scientifiques a découvert en République démocratique du Congo (RDC) un nombre inhabituellement élevé de personnes testées positives en anticorps VIH, mais dont la charge virale est faible ou non détectable et ce, sans aucun traitement antirétroviral. Ces personnes sont appelées contrôleurs d’élite du VIH.

LFB : l’EMA valide le dépôt de la demande d’AMM d’eptacog beta (activé), un facteur de coagulation VIIa recombinant

Publié le 2 mars 2021
LFB : l'EMA valide le dépôt de la demande d'AMM d’eptacog beta (activé), un facteur de coagulation VIIa recombinant

Le LFB, le groupe biopharmaceutique qui développe, fabrique et commercialise des médicaments dérivés du sang et des protéines recombinantes pour la prise en charge des patients atteints de pathologies graves et souvent rares, vient d’annoncer que l’Agence européenne des médicaments (EMA), l’autorité réglementaire européenne, a validé le dépôt de la demande d’autorisation de mise sur le marché d’eptacog beta, un facteur de coagulation VIIa recombinant (rFVIIa).

Abionyx : les résultats cliniques positifs de CER-001 dans une maladie rénale ultra-rare publiés dans « Annals of Internal Medecine »

Publié le 2 mars 2021
Abionyx : les résultats cliniques positifs de CER-001 dans une maladie rénale ultra-rare publiés dans « Annals of Internal Medecine »

Abionyx Pharma vient d’annoncer les résultats cliniques positifs de CER-001 dans une maladie rénale ultra-rare qui sont publiés en exclusivité dans la revue scientifique « Annals of Internal Medicine », la revue de médecine interne la plus citée et la mieux classée dans la catégorie Médecine.

Industrie pharmaceutique : accord sur les salaires minima pour l’année 2021

Publié le 2 mars 2021

A l’issue de deux réunions de négociations les 7 janvier et 18 février dernier, le Leem a proposé à la signature un accord collectif revalorisant l’ensemble des salaires minima conventionnels de 0,8 % au 1er janvier 2021.

Abivax : le Dr Sophie Biguenet nommée Directrice Médicale

Publié le 2 mars 2021
Abivax : le Dr Sophie Biguenet nommée Directrice Médicale

Abivax, société de biotechnologie au stade clinique qui vise à moduler le système immunitaire afin de développer de nouveaux traitements contre les maladies inflammatoires, le cancer et les maladies virales, a annoncé la nomination du Dr Sophie Biguenet en tant que Directrice Médicale à compter du 1er mars 2021.

Newsletter

Chaque lundi, notre newsletter gratuite

ABONNEZ-VOUS À LA NEWSLETTER




MyPharma Editions
Recherche d'offres d'emploi
Fermer

Fermer

Les dernières offres d'emploi

Déposer votre cv Inscrivez-vous aux alertes emploi


Nominations

Documents