Edition du 19-09-2018

Prendre des antalgiques pendant la grossesse n’est pas sans risque

Publié le mercredi 10 novembre 2010

Une équipe associant des chercheurs français, danois et finlandais vient de publier une étude suggérant qu’il existe une association entre la prise simultanée de plusieurs médicaments contre la douleur (ibuprofène, aspirine, paracétamol) pendant la grossesse et des risques de malformation de l’appareil génital chez les garçons. Le risque est particulièrement élevé au second trimestre de grossesse. Plus de 2297 femmes danoises et finlandaises ont été suivies. Les résultats de cette étude sont publiés dans la revue Human Reproduction.

Plus de la moitié des femmes en Europe et aux Etats Unis déclarent prendre des antalgiques tels que le paracétamol, l’ibuprofène ou l’aspirine pendant leur grossesse. Ces dix dernières années, de plus en plus d’études ont rapporté l’impact probable de divers agents environnement sur la santé reproductive masculine mais c’est la première fois que des molécules pharmaceutiques de ce type sont pointées du doigt.

Il est bien connu qu’une exposition à certaines substances, si elle se fait à un moment-clé de la grossesse peut avoir des incidences sur le développement du foetus. C’est pourquoi les chercheurs ont voulu savoir si de tels médicaments avaient de réelles conséquences chez les enfants dont les mères étaient consommatrices de ces substances.

Cette nouvelle étude suggère que les femmes danoises qui prennent de l’aspirine et/ou de l’ibuprofène (antalgiques) pendant leur grossesse voient le risque de donner naissance à des garçons présentant une anomalie de l’appareil génital (absence de descente des testicules dans les bourses appelée cryptorchidie), significativement augmenter par rapport à celles qui s’abstiennent d’en prendre. « Toutefois, ce risque existe au Danemark et dans la mesure où la prise de médicament s’étale sur au moins deux semaines consécutives. En outre, il est important de noter qu’il s’agit de la mise en évidence d’une association statistique pas de la preuve d’une relation de cause à effet. Enfin, ces résultats ne sont pas confortés par le suivi de la cohorte des femmes finlandaises » précise Bernard Jégou directeur de l’unité Inserm 625 « Groupe d’étude de la reproduction chez l’homme et les mammifères (GERHM) » à l’Université de Rennes 1.

Un risque particulièrement élevé au second trimestre
Le second trimestre de grossesse apparait comme la période la plus délicate. Durant cette période, la prise des anti-inflammatoires non-stéroïdiens aspirine ou ibuprofène augmente le risque chez le garçon de présenter une cryptorchidie à la naissance. Ce risque n’est pas identifié avec le paracétamol, qui n’est pas un anti-inflammatoire non stéroïdien. A ce stade, l’association démontrée ne signifie pas pour autant que la consommation d’antidouleur est la cause de la malformation retrouvée.

Des effets aussi chez le rat
L’équipe de l’Inserm dirigée par Bernard Jégou a étudié ce phénomène sur des cultures de testicules de foetus de rat pour essayer de comprendre les mécanismes mis en jeu. Lorsque les testicules en culture sont exposés au paracétamol ou à l’aspirine la production de testostérone diminue d’environ 50 %. Enfin, de leur côté les toxicologues danois impliqués dans l’étude démontrent que l’exposition de rattes gestantes à des doses élevées d’aspirine induit une diminution de la production de testosterone intratesticulaire. Ceci n’est pas retrouvé avec le paracétamol.

Bernard Jégou déclare que « d’autres études sont indispensables pour vérifier ces résultats chez les humains et en particulier sur des cohortes de femmes enceintes plus importantes et dans d’autre pays que le Danemark où l’incidence de la cryptorchidie est élevée ». Il est à noter qu’une autre étude épidémiologique indépendante de celle à laquelle Bernard Jégou a pris part et publiée dans le numéro d’Epidémiology de ce mois (Pr Olsen et ses collaborateurs) ne met pas en évidence l’association entre cryptorchidie et aspirine ou ibuprofène. Cependant, les résultats obtenus montrent une association entre la prise de paracétamol, pendant plus de 4 semaines au cours des deux premiers trimestres de grossesse et la cryptorchidie au Danemark.

Bernard Jégou, principal co-auteur français de cette étude tient à préciser que « ces résultats doivent être interprétés avec prudence, compte-tenu du contexte particulier du Danemark où l’incidence de la cryptorchidie et la consommation d’antalgiques sont particulièrement élevés ». Cette étude donne lieu à des échanges entre Bernard Jégou et l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), cette agence procédant elle-même à l’évaluation de l’ensemble des données disponibles.

Source : Inserm
Intrauterine exposure to mild analgesics is a risk factor for development of male reproductive disorders in human and rat
Human Reproduction, doi: 10.1093/humrep/deq323
First published online: November 8, 2010








MyPharma Editions

Horama clôture son tour de table de « Série B » à 22,5 millions d’euros

Publié le 19 septembre 2018
Horama clôture son tour de table de « Série B » à 22,5 millions d'euros

Horama, société française de biotechnologie basée à Paris et à Nantes et spécialisée dans la thérapie génique pour le traitement de maladies génétiques rares en ophtalmologie, vient d’annoncer que le fonds belge V-Bio Ventures rejoint le cycle de financement « Série B » de la société. Willem Broekaert, Directeur Associé chez V-Bio Ventures, sera également nommé au Conseil d’Administration d’Horama. Partager la publication « Horama clôture son tour […]

VIH : Gilead Sciences lance la campagne #PasseLeMotPasLeVirus

Publié le 19 septembre 2018

Afin de mieux comprendre le quotidien des personnes vivant avec le VIH, Gilead Sciences a annoncé le lancement d’une campagne #PasseLeMotPasLeVirus qui met en avant leurs témoignages et dévoile, dans le même temps, les résultats d’une étude* menée en partenariat avec l’institut Ipsos auprès de 200 personnes vivant avec le VIH.

Pharnext : David Stout rejoint le Conseil d’Administration

Publié le 19 septembre 2018
Pharnext : David Stout rejoint le Conseil d’Administration

Pharnext, société biopharmaceutique pionnière d’une nouvelle approche de développement de combinaisons de médicaments innovants basée sur les Big Data génomiques et l’intelligence artificielle, a annoncé la cooptation de David Stout en tant qu’administrateur indépendant de Pharnext.

Valbiotis lance sa nouvelle plateforme de Discovery et de Recherche Préclinique

Publié le 19 septembre 2018
Valbiotis lance sa nouvelle plateforme de Discovery et de Recherche Préclinique

Valbiotis, entreprise française de R&D engagée dans l’innovation scientifique, pour la prévention et la lutte contre les maladies métaboliques, annonce le lancement de sa nouvelle plateforme de Discovery et de Recherche Préclinique à Riom (Puy-de-Dôme, France), après 10 mois de travaux.

Cap Digital et Medicen Paris Région s’associent à Oncodesign, Servier et Intersystems autour du projet Hu-PreciMED

Publié le 19 septembre 2018
Cap Digital et Medicen Paris Région s’associent à Oncodesign, Servier et Intersystems autour du projet Hu-PreciMED

Les deux pôles de compétitivité franciliens Medicen Paris Region et Cap Digital ont annoncé la mobilisation de leur écosystème autour du projet Hu-PreciMED (Human Precision MEDicine) en vue de structurer la filière industrielle de la médecine de précision en France. Initié conjointement par les groupes Oncodesign, Servier et Intersystems, le projet Hu-PreciMED mobilise d’ores et déjà 45 entreprises innovantes du numérique et du médical.

Biogen France emménage à La Défense

Publié le 18 septembre 2018
Biogen France emménage à La Défense

Biogen, entreprise pionnière dans le domaine des neurosciences, installe ses équipes dans la Tour CBX du quartier d’affaires de La Défense. L’entreprise spécialisée dans la lutte contre les maladies neurologiques graves réaffirme ainsi son engagement à long terme en France et son souhait d’offrir un environnement de travail optimal à ses collaborateurs.

Répartition pharmaceutique : une opération d’envergure pour alerter le grand public

Publié le 18 septembre 2018
Répartition pharmaceutique : une opération d'envergure pour alerter le grand public

Depuis le 1er septembre, toutes les camionnettes de livraison des entreprises de répartition ont revêtu un habillage spécial. Menacés par une crise économique sans précédent, les répartiteurs pharmaceutiques* se mobilisent pour sensibiliser le grand public et les décideurs à l’importance de leurs missions et les alerter sur les risques qui pèsent sur l’égalité d’accès aux médicaments.

Newsletter

Chaque lundi, notre newsletter gratuite

ABONNEZ-VOUS À LA NEWSLETTER




MyPharma Editions
Recherche d'offres d'emploi
Fermer

Fermer

Les dernières offres d'emploi

Déposer votre cv Inscrivez-vous aux alertes emploi


Nominations

Documents

L'application Iphone MyPharma Editions