Edition du 14-06-2021

Médicament: sale temps pour les labos

Publié le vendredi 13 novembre 2009

Médicament: sale temps pour les labosPremière leçon à tirer de l’affaire de la grippe A/H1N1, l’impact très négatif des conditions dans lesquelles l’achat des vaccins s’est déroulé au cours des dernières semaines. La confusion entre les instances de décision, de conseil, et les entourages ministériels n’a évidemment rien arrangé et l’opinion retiendra, sommairement, que le lobbying a joué en faveur des labos les mieux représentés: vrai, faux? Rien ne sert de démentir, le mal est fait.

Cette polémique ne fait à l’évidence pas l’affaire des industriels déjà très décriés durant l’année 2009 pour avoir licencié nombre de visiteurs médicaux quelques mois avant d’afficher des profits records. Difficile à vendre. Surtout quand on cherche, et avec quel soin, à donner de cette industrie une image moins négative que celle que véhiculent -feu à volonté!- médias et politiques.

L’industrie ne parvient pas à se défaire de cette réputation qui lui est faite, à savoir celle de ne produire que des médicaments « rentables », et donc de ne rien faire dans la recherche de spécialités susceptibles de guérir les maladies rares ou orphelines. Cette industrie traîne encore comme un boulet sa dépendance des financeurs publics qui laissent pieusement dire qu’elle réalise des profits considérables grâce à un système de santé des plus dispendieux qui soit. Les députés ne s’y sont d’ailleurs pas trompés en votant lors du débat sur le PLFSS un amendement prévoyant un abaissement du fameux taux K de 1,4% à 1%. Petite explication: plus ce taux est bas -les socialistes voulaient même le faire descendre à 0,5%- , plus la contribution des labos au financement de l’assurance maladie (eh oui, il s’agit bien d’une taxe) est élevée. Dit autrement, cela s’appelle faire les poches.

Et personne ne pleurera! Car, là encore, dans un tel contexte de déficits cumulés, l’opinion ne manquera pas d’applaudir sans réserves. Il s’est même trouvé deux députés UMP pour faire voter un autre amendement obligeant les médecins à prescrire presque exclusivement en géneriques: pour la petite histoire ces deux amendements ont été « conseillés » par le gouvernement. Dans les ventes au enchères, cela s’appelle faire le « baron », c’est-à-dire orienter l’enchère dans le sens du vendeur ou de l’acquéreur mais en prenant soin de ne pas laisser faire le marché. Le plus drôle de l’histoire, c’est encore que ces deux amendements ont été votés pendant que le chef de l’Etat prodiguait force bonnes paroles aux membres du CSIS, le Conseil supérieur des industries de santé, réuni après plus de trois ans de supplications de la part des industriels qui n’arrivent pas à obtenir que leur secteur soit considéré comme une industrie « stratégique ».

C’est peu de dire que ces mêmes industriels, habitués à la posture des Bourgeois de Calais, -posture qui leur convenait à l’époque, encore récente, où tout allait bien-, se font aujourd’hui bien du souci. Pourquoi? Parce que le marché s’est assez brutalement désorganisé. Qu’on en juge: fin des blockbusters, offensive tous azimuts en faveur des génériques, multiplication des instances de décision et de contrôle limitant sérieusement l’accès au marché. Fichu métier!

Le casting des autorités de santé s’est en effet considérablement enrichi au cours des dernières années. Et leurs compétences, très floues, n’ont pas facilité la tâche des industriels. Le cas de la HAS qui a acquis (et sans crier gare) des compétences médico-économiques particulièrement retorses n’a pas déchaîné les passions. Sauf à la CNAM -premier financeur public- où l’on a encore du mal à déglutir. Le modus operandi de l’accès au marché s’est lourdement complexifié au point qu’il est aujourd’hui permis de se demander qui décide vraiment: La HAS, l’ASSAPS, le CEPS, la ministre ou… tout le monde à la fois? Le cas des baisses de remboursement ou des déremboursements de certains médicaments à SMR faible ou insuffisant est révélateur des atermoiements des uns comme des autres. Le devenir de ces spécialités bannies, l’automédication, devient d’autant plus incertain que les patients ne se pressent pas pour acheter en officine -et à prix salés- des produits dont la Sécu (ni les mutuelles) ne veulent plus entendre parler.

Avec envie, les industriels du médicament regardent la situation des banques: voilà des entreprises qui, pour la plupart, se sont vraiment mal conduites au point de manquer le naufrage de peu, à qui l’on a prêté de l’argent pour… recommencer à exercer leur métier sans trop soucier de savoir ce qu’ils allaient en faire. Si l’on met en parallèle les autorités décisionnaires et les procédures qui règlementent les activités de santé, et celles qui ont la charge d’apporter un peu de clarté dans les métiers de banque, on constate très vite qu’il vaut mieux être banquier qu’industriel du médicament… Côté autorités de santé justement, le mille-feuilles infernal a gagné une nouvelle couche de crème: il s’agit bien sûr des nouvelles instances régionales prévues par la loi HPST, dite loi Bachelot, en l’occurrence les ARS, dont la mise en service est prévue pour le printemps 2010. Personne ne veut croire que ces Agences régionales de santé, dont les compétences sont étendues, resteront inertes: elles auront leur mot à dire dans tous les chapitres de la santé publique. Elles pourront d’ailleurs prendre des décisions qui in fine seront susceptibles d’être validées par la HAS: cela revient-il à dire qu’elles mettront leur nez dans les produits de santé? Et pourquoi pas?

Tout cela fait sans doute d’excellents Français comme le disait la chanson durant la Drôle de guerre, mais tout cela fait aussi beaucoup d’interlocuteurs. Sans oublier la Commission européenne qui organise des « descentes » dans les labos suspectés de ne pas respecter les bonnes règles de concurrence en prolongeant par exemple la vie de molécules princeps pour empêcher ou retarder l’arrivée de génériques. Bilan (paradoxal): 2009 est une mauvaise année pour les labos. Si, si…

Hervé Karleskind © www.hkconseils.com








MyPharma Editions

Yposkesi lance la construction d’un deuxième site de bioproduction

Publié le 14 juin 2021
Yposkesi lance la construction d’un deuxième site de bioproduction

Yposkesi, CDMO (Contract Development & Manufacturing Organization) leader en Europe spécialisé en thérapies géniques et cellulaires, a annoncé le lancement du projet SKY, la construction d’un deuxième bâtiment dédié à la production de thérapies géniques et cellulaires, une nouvelle ressource au niveau mondial pour les entreprises qui développent des produits biopharmaceutiques, également appelés MTI pour Médicaments de Thérapie Innovante (ATMP – Advanced Therapy Medicinal Products).

Noxxon : résultats positifs de la 2ème cohorte de son essai de phase 1/2 évaluant le NOX-A12 dans le cancer du cerveau

Publié le 11 juin 2021
Noxxon : résultats positifs de la 2ème cohorte de son essai de phase 1/2 évaluant le NOX-A12 dans le cancer du cerveau

Noxxon Pharma, société de biotechnologie spécialisée dans le développement de traitements améliorés du cancer ciblant le microenvironnement tumoral (MET), a annoncé les résultats positifs de la deuxième cohorte de son étude de phase 1/2 évaluant le NOX-A12 en association avec une radiothérapie chez des patients atteints de cancer du cerveau (Glioblastome Multiforme). Les données montrent que le NOX-A12, à la dose de 400 mg/semaine, continue d’être sûr et bien toléré, avec des signes apparents de réduction de la taille des tumeurs.

Lysogene signe un accord exclusif de licence mondiale avec la SATT Conectus pour un candidat médicament de thérapie génique

Publié le 11 juin 2021
Lysogene signe un accord exclusif de licence mondiale avec la SATT Conectus pour un candidat médicament de thérapie génique

Lysogene, société biopharmaceutique de phase 3 s’appuyant sur une plateforme technologique de thérapie génique ciblant les maladies du système nerveux central (SNC), a annoncé la signature d’un accord exclusif de licence mondiale avec la SATT Conectus pour le développement et la commercialisation d’un candidat médicament de thérapie génique dans le traitement du syndrome de l’X Fragile.

DNA Script renforce son équipe de direction pour préparer le lancement commercial du système SYNTAX

Publié le 10 juin 2021
DNA Script renforce son équipe de direction pour préparer le lancement commercial du système SYNTAX

DNA Script a annoncé la nomination de Kim Ferguson en tant que Vice‐Présidente en charge des ventes, et de Randy Dyer au poste de Vice‐Président en charge du marketing. Ces deux exécutifs rejoignent DNA Script afin de préparer le lancement commercial du
système SYNTAX, la première imprimante à ADN de laboratoire mettant en oeuvre la technologie EDS de synthèse enzymatique d’ADN développée par la société.

L’Ascenseur et AstraZeneca lancent l’opération « En Stage ! »

Publié le 10 juin 2021
L’Ascenseur et AstraZeneca lancent l’opération « En Stage ! »

L’Ascenseur et AstraZeneca lancent l’opération « En Stage ! »Afin de répondre à la crise qui touche de plein fouet l’insertion professionnelle des jeunes, AstraZeneca et le collectif de L’Ascenseur lancent un programme inédit de stages dès juillet 2021. L’initiative « En Stage ! » propose vingt-cinq postes pour des jeunes dans 11 associations membres de L’Ascenseur réparties sur le territoire français.

Valneva finalise le recrutement l’étude de Phase 3 sur l’homogénéité des lots cliniques de son candidat vaccin contre le chikungunya

Publié le 10 juin 2021
Valneva finalise le recrutement l’étude de Phase 3 sur l’homogénéité des lots cliniques de son candidat vaccin contre le chikungunya

Valneva, société spécialisée dans le développement et la commercialisation de vaccins prophylactiques contre des maladies infectieuses générant d’importants besoins médicaux, a annoncé avoir finalisé le recrutement de l’étude de Phase 3 visant à évaluer l’homogénéité des lots cliniques de son candidat vaccin à injection unique contre le chikungunya, VLA1553. VLA1553 est le seul candidat vaccin contre le chikungunya actuellement en Phase 3 dans le monde.

Sensorion : Nora Yang, spécialiste en thérapie génique et maladies rares, nommée au poste de Directrice scientifique

Publié le 10 juin 2021
Sensorion : Nora Yang, spécialiste en thérapie génique et maladies rares, nommée au poste de Directrice scientifique

Sensorion : Nora Yang, spécialiste en thérapie génique et maladies rares, nommée au poste de Directrice scientifiqueSensorion, société de biotechnologie qui développe des thérapies innovantes pour restaurer, traiter et prévenir dans le domaine des pertes d’audition, a annoncé la nomination de Nora Yang, Ph.D., spécialiste en thérapie génique et maladies rares, dotée d’une grande expérience en management dans les secteurs industriel, académique et public, au poste de Directrice scientifique.

Newsletter

Chaque lundi, notre newsletter gratuite

ABONNEZ-VOUS À LA NEWSLETTER




MyPharma Editions
Recherche d'offres d'emploi
Fermer

Fermer

Les dernières offres d'emploi

Déposer votre cv Inscrivez-vous aux alertes emploi


Nominations

Documents